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Docteur Victor HazoutChirurgie orale et implantaireParodontiste
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La maintenance parodontale : garder les résultats dans la durée

Une fois les poches assainies, le traitement n'est pas fini : il change de rythme. La maintenance, ou suivi parodontal de soutien, sert à repérer tôt toute reprise de la maladie et à éliminer ce que le brossage ne peut atteindre. Au cabinet, elle commence par un contrôle à un mois, puis se poursuit tous les six mois, un rythme réévalué à chaque séance. Cette page décrit la maintenance telle qu'elle se pratique au cabinet du Docteur Hazout à Levallois-Perret, et ce qu'elle ne peut pas promettre.

Sommaire7 parties
  1. Pourquoi la maintenance fait-elle partie du traitement ?
  2. À quel rythme ?
  3. Comment se déroule une séance ?
  4. Votre rôle entre deux séances
  5. Dents mobiles : stabiliser par une contention
  6. Tabac et diabète : deux facteurs qui changent le pronostic
  7. Les limites de la maintenance

Pourquoi la maintenance fait-elle partie du traitement ?

La parodontite est une maladie chronique. Le traitement actif réduit l'inflammation et la profondeur des poches, mais la tendance à réagir fortement à la plaque, elle, demeure. Les bactéries recolonisent les zones nettoyées en quelques semaines, surtout là où subsistent des poches résiduelles, des furcations ou des espaces difficiles d'accès.

La recommandation européenne de l'EFP fait du suivi parodontal de soutien la quatrième étape du traitement, à part entière [1]. Les études au long cours apportent des indications : dans une cohorte rétrospective de 168 patients suivis pendant une durée médiane de cinq ans, ceux qui venaient régulièrement (tous les 2 à 4 mois) perdaient en moyenne 0,14 dent par an, contre 0,21 pour ceux qui espaçaient davantage leurs visites ; l'écart n'était pas statistiquement significatif, et chez les patients au risque le plus élevé la perte dentaire restait notable même avec un suivi trimestriel [3]. C'est une étude observationnelle : elle montre une association, et d'autres différences entre patients réguliers et irréguliers peuvent peser.

À quel rythme ?

La recommandation EFP demande que les séances soient programmées à des intervalles de 3 mois à 12 mois au maximum, ajustés au profil de risque du patient et à l'état de ses tissus [1]. Les recommandations écossaises (SDCEP) proposent souvent un rythme rapproché, tous les trois mois par exemple, au début de la maintenance, puis un ajustement selon l'évolution [2].

Au cabinet du Docteur Hazout, le rythme est le suivant : un premier suivi un mois après la séance de traitement, qui tient lieu de réévaluation, puis un suivi semestriel au long cours. Cet intervalle de six mois se situe dans la fourchette européenne ; il se réévalue à chaque séance : il se raccourcit si des saignements réapparaissent ou si votre risque est élevé, il peut s'allonger si tout reste durablement stable.

Comment se déroule une séance ?

  • mise à jour de vos antécédents médicaux, de vos traitements, du tabac et de l'équilibre d'un éventuel diabète ;
  • examen de la gencive : plaque, saignement, inflammation ;
  • radiographies ciblées si nécessaire, à intervalles raisonnés ;
  • vérification de votre technique, en particulier du choix et de la taille des brossettes ;
  • nettoyage professionnel au-dessus de la gencive, puis passage de fins inserts sous la gencive pour éliminer le biofilm là où il se reforme : ce n'est plus un surfaçage, encore moins un curetage, mais un entretien mécanique qui respecte une racine déjà nettoyée ; les sites qui saignent ou s'approfondissent sont instrumentés plus complètement ;
  • décision de l'intervalle jusqu'à la séance suivante.

Ce déroulé correspond au contenu décrit par les recommandations professionnelles [2]. Une séance de maintenance est facturée 280 € à 320 € ; les montants indicatifs figurent sur la page Tarifs et honoraires.

Votre rôle entre deux séances

Le nettoyage quotidien compte davantage que la séance elle-même. La recommandation EFP précise que le brossage doit être complété par des brossettes interdentaires, et que le fil dentaire n'est pas suggéré en premier choix lorsque les espaces laissent passer une brossette [1].

Vidéo : la brossette interdentaire, de la bonne taille, passée sans forcer. Les quatre gestes d'hygiène en vidéo.
  • Une brossette par espace, de la plus grande taille qui passe sans forcer.
  • Un passage par jour, de préférence le soir, avant le brossage.
  • Une brosse à dents souple, manuelle ou électrique, deux fois par jour.

Dents mobiles : stabiliser par une contention

Après une parodontite avancée, certaines dents restent mobiles même une fois l'inflammation maîtrisée : elles ont perdu une partie de leur support. Elles peuvent aussi s'être déplacées, écartées ou avancées, ce qui fragilise encore leur équilibre.

Une contention collée relie ces dents entre elles par un fil fin posé sur leur face interne. Elle améliore le confort à la mastication et répartit les efforts, mais elle ne reconstruit pas l'os : la santé de la gencive repose toujours sur la maintenance, et le nettoyage autour du fil, avec des brossettes adaptées, réclame un soin particulier. Sa pose, son entretien et sa place dans le traitement sont détaillés sur la page Contention des dents mobiles. Lorsque des dents se sont déplacées, un traitement orthodontique peut s'envisager une fois la maladie stabilisée.

Tabac et diabète : deux facteurs qui changent le pronostic

Tabac. Le tabagisme est associé à un risque nettement plus élevé d'apparition et d'aggravation de la parodontite [4], et il affaiblit la réponse au traitement : chez les fumeurs, les poches se ferment moins souvent et la récidive est plus fréquente. L'arrêt du tabac compte parmi les mesures recommandées dès le début du traitement [1] ; le cabinet peut vous orienter vers une aide au sevrage. Les données chiffrées sur le tabac et les autres facteurs de risque sont présentées dans l'article Comprendre la parodontite.

Diabète. Diabète et parodontite s'influencent dans les deux sens [5] : un diabète mal équilibré fragilise les résultats de la maintenance, et le traitement parodontal améliore modérément l'HbA1c, d'environ 0,4 point à 3–4 mois selon les essais randomisés [6]. Il est utile de communiquer au cabinet votre dernière HbA1c et tout changement de traitement. Le lien entre les deux maladies est détaillé dans l'article Diabète et parodontite.

Les limites de la maintenance

Elle réduit le risque de récidive, elle ne l'annule pas. Même suivie avec régularité, une parodontite peut reprendre sur quelques sites : une poche qui se creuse de nouveau, un saignement qui revient. C'est précisément pour cela que la gencive est réexaminée à chaque séance. Une récidive localisée se traite en général par une nouvelle instrumentation du site ; une récidive étendue conduit à reprendre un traitement actif, puis la maintenance.

Certaines dents gardent un pronostic réservé. Une dent qui a perdu une grande partie de son support, une molaire dont la furcation est atteinte ou une dent très mobile peut être perdue malgré un suivi assidu. Dans l'étude citée plus haut, la perte dentaire restait notable chez les patients au risque le plus élevé, même avec des séances trimestrielles [3]. Ces dents sont repérées dès le bilan ; leur conservation est une décision partagée, revue au fil des séances.

L'adhésion au suivi s'érode avec le temps. Les premières années, la motivation est forte ; puis les séances s'espacent, surtout quand tout va bien et que rien ne fait mal. Or la reprise de la maladie est silencieuse. Les études de cohorte montrent que les patients irréguliers perdent plus de dents que les patients réguliers, même si d'autres différences entre eux peuvent intervenir [3]. Le rythme proposé tient compte de cette réalité : mieux vaut un intervalle un peu plus long et respecté qu'un intervalle court et abandonné.

La maintenance ne remplace pas le nettoyage quotidien, et le nettoyage quotidien ne remplace pas la maintenance : c'est l'alliance des deux qui permet de garder ses dents dans la durée.

Questions fréquentes

Mon dentiste fait des détartrages. Est-ce la même chose ?

Pas tout à fait. Après une parodontite, la séance comprend le contrôle des poches et, si besoin, le nettoyage sous la gencive. Elle peut être partagée avec votre dentiste, à condition que les examens soient faits et transmis.

Que se passe-t-il si je saute des séances ?

La maladie ne reprend pas forcément tout de suite, mais le risque augmente, surtout si des poches persistent ou si vous fumez. Une reprise peut rester silencieuse plusieurs mois ; c'est l'examen régulier des poches qui la détecte.

Que se passe-t-il si la maladie reprend malgré le suivi ?

Une reprise limitée à quelques sites est fréquente et se traite lors de la séance, par un nouveau nettoyage sous la gencive de ces sites et un ajustement de l'intervalle. Une reprise plus étendue, ou des poches qui s'approfondissent malgré ces mesures, conduit à reprendre un traitement actif, parfois chirurgical, avant de revenir à la maintenance.

Jusqu'à quand faut-il continuer ?

En principe toute la vie, avec un intervalle qui peut s'allonger si la situation reste durablement stable.

Et si j'ai aussi des implants ?

Les implants se contrôlent au cours des mêmes séances, avec un examen spécifique. Un antécédent de parodontite augmente le risque de péri-implantite. Voir l'article sur l'entretien autour des implants.

Sources scientifiques (6)
  1. Sanz M, Herrera D, Kebschull M, et al. Treatment of stage I-III periodontitis-The EFP S3 level clinical practice guideline. J Clin Periodontol. 2020;47 Suppl 22:4-60. PubMed
  2. Scottish Dental Clinical Effectiveness Programme (SDCEP). Prevention and Treatment of Periodontal Diseases in Primary Care: Supportive periodontal care. periodontalcare.sdcep.org.uk
  3. Farina R, Simonelli A, Baraldi A, et al. Tooth loss in complying and non-complying periodontitis patients with different periodontal risk levels during supportive periodontal care. Clin Oral Investig. 2021;25:5897-5906. DOI
  4. Leite FRM, Nascimento GG, Scheutz F, López R. Effect of smoking on periodontitis: a systematic review and meta-regression. Am J Prev Med. 2018;54(6):831-841. PubMed
  5. Sanz M, Ceriello A, Buysschaert M, et al. Scientific evidence on the links between periodontal diseases and diabetes: Consensus report and guidelines of the joint workshop on periodontal diseases and diabetes by the International Diabetes Federation and the European Federation of Periodontology. J Clin Periodontol. 2018;45(2):138-149. DOI
  6. Simpson TC, Clarkson JE, Worthington HV, et al. Treatment of periodontitis for glycaemic control in people with diabetes mellitus. Cochrane Database Syst Rev. 2022;4:CD004714. DOI

Page rédigée par le Docteur Victor Hazout, parodontiste · mise à jour le 11 octobre 2026

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