Laser diode et laser Er:YAG : principe, indications et limites
Un laser dentaire ne soigne rien à lui seul : c'est un instrument, dont l'effet tient à sa longueur d'onde et à la main qui le conduit. Cette page explique comment agissent les deux lasers du cabinet de Levallois-Perret, le laser diode et le laser Er:YAG, dans quelles situations le Docteur Hazout les propose, ce que coûte le traitement et ce que les études permettent réellement d'en attendre dans le traitement de la parodontite.
Sommaire8 parties
- Tout tient à la longueur d'onde
- Sur la gencive : là où le laser apporte un vrai confort
- Dans les poches parodontales : un complément du surfaçage, jamais son remplaçant
- Les situations où le Docteur Hazout propose un laser, et lequel
- Où se situe le laser dans le traitement de la parodontite
- Un laser dentaire est-il sûr ?
- Combien coûte le traitement avec laser ?
- Ce que le laser ne fait pas
Tout tient à la longueur d'onde
Un laser émet une lumière d'une seule longueur d'onde, resserrée en un faisceau. Tout dépend ensuite du tissu qui l'absorbe : là où la lumière est captée, elle devient chaleur ou énergie mécanique ; là où elle ne l'est pas, elle traverse ou se disperse. Deux lasers de longueurs d'onde différentes n'ont donc ni les mêmes effets ni les mêmes indications, et les résultats obtenus avec l'un ne se transposent pas à l'autre.

| Laser diode | Laser Er:YAG | |
|---|---|---|
| Absorbé surtout par | Les pigments : hémoglobine du sang, mélanine | L'eau des tissus |
| Effet principal | Échauffement : coupe et coagulation des tissus mous | Ablation superficielle des tissus mous et durs (os, tartre), avec peu de chaleur transmise |
| Comment il travaille | Fibre optique fine, au contact du tissu | Pièce à main sous spray d'eau |
Le laser diode agit par la chaleur : absorbée par les pigments du sang et des tissus, sa lumière coupe et coagule la gencive. Mal maîtrisée, cette même chaleur peut léser la dent ou l'os, d'où une grande prudence à proximité des racines, de l'os et des implants [2]. Le laser Er:YAG (erbium : grenat d'yttrium-aluminium) est, lui, très fortement absorbé par l'eau : il « vaporise » une fine pellicule de tissu, os ou tartre compris, et ne laisse sur la racine qu'une zone modifiée d'environ 10 à 20 micromètres [1]. Il travaille sous un spray d'eau qui refroidit la surface.

Sur la gencive : là où le laser apporte un vrai confort
C'est en chirurgie des tissus mous que l'intérêt du laser dentaire se voit le mieux. Le laser diode coupe en coagulant, et le saignement s'en trouve limité. Les gestes concernés sont les suivants :
- Gingivectomie et remodelage gingival : retrait d'un excès de gencive, correction d'un contour irrégulier, dégagement d'une dent ou d'un implant avant la pose d'une prothèse.
- Freinectomie (section d'un frein de lèvre ou de langue trop court) : une revue systématique de 2021 relève moins de saignement, souvent aucune suture et moins de douleur postopératoire qu'au bistouri, à partir d'études peu nombreuses et hétérogènes [6].
- Hémostase : arrêt d'un saignement localisé, pendant ou après une chirurgie.
- Petites lésions de la muqueuse à retirer, une fois le diagnostic posé.
Le laser Er:YAG trouve aussi sa place en chirurgie parodontale, pour nettoyer la surface d'une racine ou d'un défaut osseux [1]. Il n'est alors qu'un outil parmi d'autres, au choix de l'opérateur : aucune supériorité clinique nette n'a été établie face aux instruments classiques. Le remodelage de la gencive au laser, qui sert à corriger un sourire gingival, est décrit sur la page Esthétique gingivale.
Dans les poches parodontales : un complément du surfaçage, jamais son remplaçant
Le laser est volontiers présenté comme un moyen de « désinfecter » les poches parodontales, ces espaces qui se creusent entre gencive et racine à mesure que la parodontite détruit l'attache. Le laser diode s'y introduit bel et bien par une fibre fine, et le laser Er:YAG y retire tartre et tissu inflammatoire. La vraie question n'est donc pas de savoir si le laser agit dans la poche, mais s'il ajoute quelque chose au nettoyage mécanique des racines, le surfaçage radiculaire, qui demeure le socle du traitement.
Autour des implants, la prévention et le traitement des maladies péri-implantaires sont expliqués dans l'article Entretenir ses gencives autour des implants.
Au cabinet, le laser est proposé dans certaines poches, après le surfaçage et jamais à sa place, dans les situations précises décrites plus bas.

Les situations où le Docteur Hazout propose un laser, et lequel
Le principe est simple : le nettoyage mécanique reste le fondement du traitement de la parodontite ; le laser n'est proposé que s'il apporte un avantage concret à un geste précis. Trois situations reviennent le plus souvent.
- Des poches parodontales profondes ou résiduelles. Au traitement initial, ou à la réévaluation lorsque certaines poches n'ont pas assez diminué, le laser diode peut parcourir la poche après le surfaçage, et le laser Er:YAG retirer les dépôts qui subsistent sur la racine, avec peu d'échauffement. Le choix entre les deux dépend de la profondeur de la poche, de l'anatomie de la racine et de l'état de la gencive.
- Une gencive inflammatoire et épaissie. Lorsque la gencive reste gonflée malgré le nettoyage, le laser diode retire ou remodèle le tissu inflammatoire en limitant le saignement.
- Un geste sur la gencive : gingivectomie, remodelage, freinectomie, hémostase, décrits plus haut. C'est là que l'apport du laser est le mieux documenté.
À l'inverse, le laser n'est jamais proposé seul pour traiter une parodontite, ni pour désinfecter la surface d'un implant, ni à la place de la maintenance parodontale, qui demeure le facteur décisif de la stabilité des résultats au fil des années.
Où se situe le laser dans le traitement de la parodontite
Le laser ne donne pas lieu à une séance à part. Il complète, dans certaines poches, le traitement parodontal initial, réalisé au cabinet sur l'ensemble de la bouche, les six sextants, en une seule séance, aux inserts piézoélectriques fins et sous anesthésie locale si nécessaire ; il ne se substitue pas à ce nettoyage mécanique. Les modalités, le déroulement et les consignes vous sont expliqués au cabinet, selon votre situation. Le principe du traitement, du bilan à la réévaluation, est présenté sur la page Comment se soigne une parodontite.
La séquence ci-dessous résume l'approche du cabinet, du nettoyage des racines jusqu'à l'objectif de la régénération ; la contribution propre du laser Er:YAG à cette régénération est étudiée. Ce que l'on recherche, c'est une nouvelle attache le long de la racine ; elle dépend de la forme du défaut, du contrôle de la plaque et du tabac, et n'est pas obtenue dans tous les cas. La régénération parodontale a sa propre page.
Un laser dentaire est-il sûr ?
Un laser est un instrument puissant, dont la sécurité tient à trois conditions : des lunettes de protection adaptées à la longueur d'onde, portées par le patient comme par l'équipe ; des réglages de puissance et de durée d'impulsion choisis pour le tissu visé ; une zone de travail contrôlée et signalée pendant l'utilisation. Le risque majeur est thermique : un laser diode mal réglé, ou maintenu trop longtemps au même endroit, peut brûler la gencive, l'os ou la surface d'un implant [2]. Le laser Er:YAG, refroidi par l'eau, transmet peu de chaleur, mais il retire de la matière et exige la même précision.
Combien coûte le traitement avec laser ?
Le traitement parodontal initial de l'ensemble de la bouche, les six sextants en une séance, est facturé 1 440 € sans laser et 1 800 € avec l'apport des lasers diode et Er:YAG. Ces montants sont globaux : ils couvrent toute la bouche et ne se découpent pas par zone. L'écart correspond au temps supplémentaire et à l'usage de l'équipement ; il est abordé avant le traitement, et la décision de recourir ou non au laser revient au patient. Les gestes isolés sur la gencive au laser donnent lieu à un devis. Ces soins ne sont pas remboursés par l'Assurance maladie ; la prise en charge éventuelle dépend du contrat de votre complémentaire santé. L'ensemble des honoraires figure sur la page Tarifs et honoraires.
Ce que le laser ne fait pas
Autant le dire nettement, tant le laser dentaire est souvent vendu comme une solution en soi. Le laser ne guérit pas une parodontite sans surfaçage : les racines doivent être nettoyées mécaniquement. Il ne fait pas repousser l'os perdu ; seule une chirurgie de régénération, dans des défauts de forme favorable, en reconstruit une partie. Il ne dispense ni de la maintenance parodontale ni de l'arrêt du tabac, qui pèsent bien davantage sur le résultat à long terme que l'instrument tenu en séance. Enfin, les pourcentages de bactéries détruites que l'on croise parfois viennent de mesures de laboratoire ou de prélèvements immédiats : ils ne disent rien du résultat clinique durable, le seul que mesurent les essais randomisés.
Ce que l'on peut raisonnablement en attendre : un complément dans des situations ciblées, un confort réel pour les gestes sur la gencive, et une parole franche sur l'état des preuves. Les recommandations évoluent au gré des nouveaux essais ; cette page sera mise à jour si leur position change.
Questions fréquentes
Le laser peut-il guérir une parodontite sans surfaçage ?
Non. Le laser ne remplace pas le nettoyage des racines : au cabinet, il intervient après le surfaçage, dans des poches choisies, en complément.
Laser diode ou laser Er:YAG : lequel est utilisé ?
Les deux, selon le geste. Le laser diode, absorbé par les pigments, travaille sur la gencive : tissu inflammatoire dans la poche, gingivectomie, hémostase. Le laser Er:YAG, absorbé par l'eau, retire les dépôts de la racine avec peu d'échauffement. Le choix se fait pour chaque patient et s'explique avant le traitement.
Le laser est-il dangereux ?
Bien employé, avec protection oculaire et réglages adaptés, il est sûr. Les risques tiennent surtout à un échauffement excessif des tissus, en particulier avec le laser diode près de l'os ou d'un implant.
Combien coûte le traitement avec laser ?
Le traitement parodontal initial de toute la bouche, six sextants en une séance, est de 1 440 € sans laser et de 1 800 € avec laser. Ce sont des montants globaux, non remboursés par l'Assurance maladie ; le détail figure sur la page Tarifs.
Sources scientifiques (6)
- Aoki A, Mizutani K, Taniguchi Y, Lin T, Ohsugi Y, Mikami R, Katagiri S, Meinzer W, Iwata T. Current status of Er:YAG laser in periodontal surgery. Jpn Dent Sci Rev. 2024;60:1-14. DOI
- Al Asmari D, Alenezi A. Laser technology in periodontal treatment: benefits, risks, and future directions—A mini review. J Clin Med. 2025;14(6):1962. DOI
- Sanz M, Herrera D, Kebschull M, et al. Treatment of stage I-III periodontitis-The EFP S3 level clinical practice guideline. J Clin Periodontol. 2020;47 Suppl 22:4-60. PubMed
- Salvi GE, Stähli A, Schmidt JC, Ramseier CA, Sculean A, Walter C. Adjunctive laser or antimicrobial photodynamic therapy to non-surgical mechanical instrumentation in patients with untreated periodontitis: A systematic review and meta-analysis. J Clin Periodontol. 2020;47 Suppl 22:176-198. DOI
- Herrera D, Berglundh T, Schwarz F, Chapple I, Jepsen S, Sculean A, Kebschull M, Papapanou PN, Tonetti MS, Sanz M; EFP workshop participants and methodological consultant. Prevention and treatment of peri-implant diseases-The EFP S3 level clinical practice guideline. J Clin Periodontol. 2023;50 Suppl 26:4-76. DOI
- Lebret C, et al. Perioperative outcomes of frenectomy using laser versus conventional surgery: a systematic review. J Oral Med Oral Surg. 2021;27:36. DOI
Page rédigée par le Docteur Victor Hazout, parodontiste · mise à jour le 24 octobre 2026
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