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Docteur Victor HazoutChirurgie orale et implantaireParodontiste
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Greffe osseuse avant un implant : quand elle s’impose, et comment

Un implant ne tient que dans l’os, sur toute sa longueur. Quand cet os manque, il se reconstruit, et plusieurs techniques y parviennent, chacune pour une forme et une taille de défaut. Cette page s’adresse à ceux à qui l’on a parlé de greffe : comment le manque d’os se mesure, comment la technique se choisit, quels matériaux servent, quel est le principe de l’intervention, et ce qu’il faut savoir de ses risques et de ses limites.

Sommaire8 parties
  1. Pourquoi l’os vient-il à manquer, et comment le mesure-t-on ?
  2. Préserver l’os dès l’extraction
  3. La régénération osseuse guidée (ROG)
  4. Les blocs osseux
  5. Le sinus lift
  6. Quels matériaux ?
  7. Quel est le principe d’une greffe ?
  8. Risques, limites et alternatives

Pourquoi l’os vient-il à manquer, et comment le mesure-t-on ?

Première cause : la résorption après extraction. Privé de la racine qu’il soutenait, l’os de la crête fond : 3,8 mm de largeur et 1,2 mm de hauteur perdus en moyenne en six mois, selon une revue systématique [1]. Seconde cause, la plus familière au parodontiste : une parodontite ancienne, dont l’infection a rongé l’os autour des racines bien avant la chute de la dent ; le défaut est alors plus profond, plus irrégulier. Une infection au bout d’une racine, un kyste, une fracture ou un traumatisme emportent aussi de l’os. Au maxillaire, derrière les prémolaires, le sinus (cavité remplie d’air au-dessus des racines) descend en outre vers la crête après la perte des dents.

Ce manque ne se devine pas toujours en bouche, ni sur une radiographie classique, qui montre la hauteur et tait l’épaisseur. Le cone beam (scanner dentaire en trois dimensions) le mesure : sur des coupes perpendiculaires à la crête, le Docteur Hazout lit la hauteur disponible jusqu’au nerf ou au sinus, l’épaisseur à plusieurs niveaux, la forme exacte du défaut. Une crête d’apparence correcte peut se révéler, en profondeur, fine comme une lame.

De là, trois familles de défauts : horizontaux (crête trop mince, hauteur conservée), verticaux (crête trop basse) et combinés. Cette lecture tranche tout : greffer ou non, par quelle technique, et à quel moment, avant l’implant (en deux temps) ou dans la même intervention (en un temps). Le raisonnement complet est développé dans l’article Pourquoi planifier en 3D avant une greffe osseuse et un implant ?

Préserver l’os dès l’extraction

La préservation alvéolaire comble l’alvéole (le logement laissé par la racine) avec un matériau de greffe, le plus souvent sous une membrane. Une revue Cochrane de 16 essais randomisés chiffre son effet avec une xénogreffe : perte réduite d’environ 1,2 mm en largeur et 1,4 mm en hauteur à six mois par rapport à une cicatrisation spontanée, avec un niveau de preuve très faible et sans effet démontré sur l’échec des implants [2]. Elle se discute surtout lorsqu’un implant est prévu et que la paroi osseuse est fine.

Elle ne supprime pas la résorption : elle la freine. Son intérêt est d’éloigner la perspective d’une reconstruction plus lourde ensuite. Elle suppose une extraction aussi douce que possible, respectueuse des parois de l’alvéole.

La régénération osseuse guidée (ROG)

La ROG tient en une idée : un matériau de greffe posé contre l’os, puis isolé de la gencive par une membrane. Cette barrière offre aux cellules osseuses, plus lentes, le temps d’occuper l’espace avant que celles de la gencive ne l’envahissent. Résorbable (collagène) ou non, elle est, pour les reconstructions importantes, renforcée de titane ou remplacée par une grille en titane qui maintient le volume.

C’est la technique la plus employée pour les défauts horizontaux et les défauts modérés. En hauteur, où le gain est plus difficile à obtenir, une méta-analyse rapporte en moyenne 4,2 mm avec la ROG contre 3,5 mm avec les blocs osseux, pour 12 % de complications avec la ROG contre 24 % avec les blocs [3].

Les blocs osseux

Un bloc est un fragment d’os compact, prélevé le plus souvent dans la mâchoire du patient (angle de la mandibule, menton) ou d’origine animale, puis vissé sur la crête. Il répond surtout aux défauts en largeur. Sa contrepartie : souvent un second site opératoire, avec ses risques propres, dont des troubles passagers de la sensibilité près du prélèvement.

Le sinus lift

Animation pédagogique : sinus lift par voie latérale, de l’ouverture d’une fenêtre osseuse au soulèvement de la membrane du sinus, puis à la mise en place du matériau.

Le sinus lift soulève la fine membrane qui tapisse le sinus et glisse dessous un matériau de greffe, pour recréer la hauteur d’os qui fait défaut au maxillaire, derrière les prémolaires. Deux voies d’accès existent ; la hauteur d’os restant sous le sinus décide entre elles.

  • Voie latérale : par une petite fenêtre ouverte dans la paroi du sinus, lorsque la hauteur restante est faible. Une revue systématique rapporte 90,1 % de survie implantaire à trois ans ; la perforation de la membrane est la complication la plus fréquente (19,5 % en moyenne), l’infection du greffon reste rare (2,9 %) [4].
  • Voie crestale : par le forage même de l’implant, lorsque davantage de hauteur subsiste. Survie de 92,8 % à trois ans, comparable à celle d’implants posés sans greffe [5].

Une perforation de la membrane repérée en cours d’intervention se répare le plus souvent sur place ; elle impose parfois de différer la greffe.

Quels matériaux ?

MatériauOrigineÀ savoir
AutogèneOs du patient (copeaux ou bloc)Contient des cellules vivantes ; nécessite un prélèvement
XénogreffeOs bovin traité, débarrassé de sa partie organiqueSe résorbe lentement, maintient le volume ; souvent mélangé à de l’os autogène
AllogreffeOs humain de banque, traitéDispense d’un prélèvement
SynthétiquePhosphates de calciumAucune origine biologique

Pour le sinus lift, une revue Cochrane n’a relevé aucune différence d’échec entre os autogène et substituts osseux, faute de preuves suffisantes [6]. Le choix se décide donc au cas par cas : volume à reconstruire, nécessité de conserver la forme dans le temps, et vos préférences.

Animation pédagogique : une grille en titane sur mesure garnie du matériau de greffe.

Quel est le principe d’une greffe ?

Quelle que soit la technique, la greffe se pratique sous anesthésie locale, au bloc opératoire du cabinet de Levallois-Perret. La gencive est décollée pour découvrir l’os ; le matériau est mis en place puis protégé (membrane, grille ou vis selon la technique) ; la gencive est refermée sans tension sur le volume ajouté. L’os greffé doit ensuite se former avant la pose des implants, et un nouveau cone beam, limité à la zone greffée, permet souvent d’en vérifier le volume. Les modalités, le déroulement et les consignes vous sont expliqués au cabinet, selon votre situation.

Risques, limites et alternatives

Les complications possibles : exposition de la membrane ou de la grille à travers la gencive, infection, perte partielle du greffon, douleurs ou gonflement et, au maxillaire, perforation de la membrane du sinus. À la mandibule, la proximité du nerf impose une planification en 3D. Une greffe ne rend pas toujours tout le volume espéré : une part du matériau se résorbe durant la cicatrisation, ce que la planification anticipe, et un complément de greffe s’avère parfois nécessaire au moment de poser l’implant.

Certaines situations réduisent les chances de succès ou font différer l’intervention : le tabac, un diabète mal équilibré, une parodontite non stabilisée, une gencive fine ou cicatricielle difficile à refermer, certains traitements de l’os. Et plus le volume à reconstruire est grand, en hauteur surtout, plus les complications se multiplient, comme le montrent les chiffres cités plus haut [3].

La greffe n’est pas toujours l’unique voie. À la mandibule, une méta-analyse d’essais randomisés trouve des résultats comparables sur cinq ans entre implants courts et reconstruction verticale suivie d’implants standards, avec moins de complications pour les implants courts [7]. Au maxillaire, une revue Cochrane ne départage pas sinus lift et implants courts, mais relève davantage de complications avec le sinus lift [6]. Un bridge sur dents ou une prothèse amovible demeurent des solutions, à discuter selon votre situation.

Pas de greffe sur une gencive malade : la parodontite doit être stabilisée, car une infection active compromet la cicatrisation du greffon. Le traitement de la parodontite précède donc toujours la reconstruction osseuse.

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Questions fréquentes

Peut-on poser l’implant en même temps que la greffe ?

Oui, lorsque l’os restant suffit à stabiliser l’implant et que le défaut reste limité. Pour les défauts importants, la greffe vient d’abord, l’implant ensuite, une fois l’os formé.

Utilise-t-on de l’os animal ?

Souvent, oui : l’os bovin traité est un matériau abondamment étudié, parfois mêlé à votre propre os. Si vous souhaitez l’éviter, pour des raisons personnelles ou religieuses, d’autres matériaux peuvent être envisagés.

Une greffe peut-elle échouer ?

Oui. Exposition de la membrane, infection ou perte partielle du greffon restent possibles et imposent parfois un complément de greffe. Le tabac accroît ces risques.

Quel est le coût d’une greffe osseuse ?

Il varie selon la technique, le volume et les matériaux. Les fourchettes pratiquées au cabinet figurent sur la page Tarifs et honoraires ; un devis détaillé vous est remis après le bilan.

Sources scientifiques (7)
  1. Tan WL, Wong TL, Wong MC, Lang NP. A systematic review of post-extractional alveolar hard and soft tissue dimensional changes in humans. Clin Oral Implants Res. 2012;23 Suppl 5:1-21. DOI
  2. Atieh MA, Alsabeeha NHM, Payne AGT, Ali S, Faggion CM Jr, Esposito M. Interventions for replacing missing teeth: alveolar ridge preservation techniques for dental implant site development. Cochrane Database Syst Rev. 2021;4:CD010176. DOI
  3. Urban IA, Montero E, Monje A, Sanz-Sánchez I. Effectiveness of vertical ridge augmentation interventions: A systematic review and meta-analysis. J Clin Periodontol. 2019;46 Suppl 21:319-339. DOI
  4. Pjetursson BE, Tan WC, Zwahlen M, Lang NP. A systematic review of the success of sinus floor elevation and survival of implants inserted in combination with sinus floor elevation. Part I: lateral approach. J Clin Periodontol. 2008;35(8 Suppl):216-240. DOI
  5. Tan WC, Lang NP, Zwahlen M, Pjetursson BE. A systematic review of the success of sinus floor elevation and survival of implants inserted in combination with sinus floor elevation. Part II: transalveolar technique. J Clin Periodontol. 2008;35(8 Suppl):241-254. DOI
  6. Esposito M, Felice P, Worthington HV. Interventions for replacing missing teeth: augmentation procedures of the maxillary sinus. Cochrane Database Syst Rev. 2014;CD008397. DOI
  7. Terheyden H, Meijer GJ, Raghoebar GM. Vertical bone augmentation and regular implants versus short implants in the vertically deficient posterior mandible: a systematic review and meta-analysis of randomized studies. Int J Oral Maxillofac Surg. 2021;50(9):1249-1258. DOI

Page rédigée par le Docteur Victor Hazout, parodontiste · mise à jour le 11 octobre 2026

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